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Poetry in Translation (CLXII): Lucian BLAGA (1895 – 1961), “J’ai compris le péché qui pèse sur ma maison” , “The sin that burdens my house”

January 26th, 2013 · No Comments · Poetry, quotations, Translations

"Je suis un sursaut de joie"

“Je suis un sursaut de joie”

Poetry in Translation (CLXII): Lucian BLAGA (1895 – 1961), “J’ai compris le péché qui pèse sur ma maison”

J’ai compris le péché qui pèse sur ma maison
Lucian BLAGA (1895 – 1961)

J’ai compris le péché qui pèse sur ma maison
comme une mousse ancestrale.
Oh, pourquoi ai-je interprété les temps et le zodiaque
autrement que la vieille qui rouit le chanvre dans l’étang?
Pourquoi ai-je désiré un autre sourire que celui du tailleur de pierre
qui fait jaillir des étincelles au bord du chemin?
Pourquoi ai-je aspiré à un autre sort
dans le monde des sept jours
que celui du sonneur de cloches qui conduit les morts au ciel?
Passant, donne-moi ta main, et toi qui t’en vas
et toi qui viens.
Tous les troupeaux de la terre ont des auréoles saintes
au dessus de leurs têtes.
C’est ainsi que je m’aime dorénavant:
un parmi beaucoup d’autres
et je me secoue de moi
comme un chien sorti d’une rivière maudite.
Que mon sang coule dans les auges du monde,
pour faire tourner les roues
des moulins célèstes!

Je suis un sursaut de joie:
tout le jour, au dessus de moi,
les puissances ailées ont pointé leurs triangles
vers des buts lumineux.

En Français par Constantin ROMAN
Bucarest 1967, Londres, 2013
© 2013, Copyright Constantin ROMAN

The sin that burdens my house
Lucian BLAGA (1895 – 1961)

Now I understand the sin that burdens my house
like an ancestral moss.
Oh, why did I ever interpret the time and the zodiac
other than the old village woman soaking the flax in the pond?
Why did I want a different smile than the stonemason’s
chipping away at the rock by the wayside?
Why did I aspire to a different fate
in the space of seven days
other than the bell ringer’s leading the dead to heaven?
Passerby, give me your hand, you who are going
and you too who are returning.
All the flocks of the universe are bearing a halo
over their heads.
Now, this is how I see myself:
one amongst many others
as I shake off my body
like a dog coming out of a cursed river.
Let my blood run in the gutters of the universe,
to spin the waterwheels
of heavenly mills!

I am bursting with joy
all day-long, in the sky above me,
the winged powers are aiming their triangles
towards light.

(Rendered in English by Constantin ROMAN, London,
© 20123 Copyright Constantin ROMAN)

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