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Constantin ROMAN – Dérive continentale ou européen en dérive

July 27th, 2011 · No Comments · Books, Diary, Diaspora, International Media, PEOPLE, Reviews

 

Constantin ROMAN - Guest Speaker to the NATO School of Physics Conference (1968)

Constantin ROMAN – Dérive continentale ou européen en dérive

Review: ISIS Review Vol. 91 No. 2 (June 2002) – University of Chicago Journals.

by Professor David Oldroyd – University of New South Wales, Australia.

Voici une lecture aussi passionnante que captivante, bien qu’elle ne soit pas, comme le suggère son titre, un récit scientifique*/. Son auteur, un dissident Roumain ayant fait ses études de géophysique à Bucarest pendant les années folles du régime immonde de Ceausescu, est quand même parvenu a s’en échapper, afin de participer à une conférence à l’Université de Newcastle, en Grande Bretagne. N’étant plus retourné en Roumanie qu’après la chute du régime communiste, il est resté néanmoins un patriote Roumain, actuellement Professeur honoris causa de l’Université de Bucarest, tout en gardant sa résidence, près de Glyndebourne, dans une partie “chic” de l’Angleterre. Selon son propre récit, Constantin Roman doit être l’un des jeunes scientifiques recevant l’un des meilleurs honoraires du monde . Une fois arrivé en Angleterre, muni seulement d’un billet de £5 dans sa poche, il a utilisé son expertise, son charme, les meilleurs contacts ainsi que l’appui de l”unversité de Newcastle

Keith RUNCORN, invited Constantin ROMAN to a NATO Conference on Palaeomagnetism

comme plateforme de lancement. En parvenant à entretenir les meilleurs contacts, notamment avec le Professeur Keith Runcorn, de la Royal Society, il parvint à obtenir une bourse de recherches au Collège de Peterhouse, à Cambridge. Cela lui a permis de faire sa thèse de doctorat sur la tectonique des Carpathes et de l’Asie centrale, en étudiant des données sismiques afin d’identifier les limites et le mouvement des plaques lithosphériques. Dans ce contexte, utilisant les zones de compression et d’extension, il a défini l’existence de deux plaques lithosphériques non-rigides, les “plaques tampon”, ou “buffer plates”, du Tibet et du Sinkiang, cantonnées respectivement entre les plaques lithosphériques rigides de l”Inde et de l’Eurasie. Au début des années 70 une pareille suggestion aurait été étiquetée pour le moins comme iconoclaste. Une fois son doctorat obtenu, sous la direction du professeur Sir Edward Bullard, Roman est devenu par la suite Conseiller International de l’industrie petrolière, ayant gagné, je suppose, des honoraires prodigieux. Cet ouvrage traite essentiellement, de la folie des dictatures et des bureaucraties mais aussi de la douce vie de doctorant-chercheur a Cambridge. Quand aux détails de la bureaucratie “kafkaïenne”, les autorités britanniques semblent aussi obstinées que leurs consoeurs roumaines : impossible d’obtenir un permis de travail et de résident, sans avoir préalablement reçu une offre de travail, alors que pour obtenir du travail il fallait être d’abord muni d’un permis de travail. La seule différence dans cette impasse a été que Roman a joui, dès le départ, de l’influence et du soutien inconditionnel de ses contacts à Cambridge. Par surcroît, il s’est lié d’amitié avec un journaliste du quotidien conservateur, le Daily Telegraph de Londres, qui lui a offert une place de travail, faite de toutes pièces, comme “chercheur” des évènements politiques de Roumanie. Il est évident que le jeune Roman était tenace, intelligent et plein d’innovation, mais surtout plein de charme; en tant que chercheur, Roman a appliqué ces mêmes qualités qu’il a   mené jusqu’au bout avec le plus grand effet. A un certain moment clef, quand il se trouvait bien avancé dans ses recherches de doctorat, Bullard a attiré son attention sur

Teddy Bullard celebrating Constantin Roman's Wedding at Cambridge, 1973

un sujet de recherches identiques, mené par un groupe de scientifiques du Massachussetts Intitute of Technology, aux USA. Ce groupe, à la tête duquel se trouvait Peter Molnar, est arrivé aux mêmes résultats, de façon indépendante. Par surcroît. un journal scientifique americain, auquel ces résultats avaient été soumis, en avait accepté la publication, qui allait paraître à brève échéance. Bullard a mis en garde son étudiant Roman que si cela arrivait avant qu’il puisse défendre sa thèse de doctorat, il ne pourrait obtenir, au mieux, qu’un diplôme de Masterat, (comme prix de consolation à la place d’un doctorat). Cela n’empechât pas qu’avec élan et créativité, Roman se précipitât  à Londres afin de persuader l’éditeur de l’hebdomadaire scientifique New Scientist de publier les détails essentiels de sa dissertation de doctorat, avant que l’article de MIT n’arrive aux imprimeurs. Cet incident est presenté comme “un coup”, ce qu’il a bien été en réalité , car ce fut le biais par lequel son doctorat a été sauvé. Toutefois, si cela a affranchi de cette menue difficulté un jeune de Cambridge, on se demande bien ce qu’ont pu en penser ses homologues Américains . Sur ce point , rien n’est dit.

Un même silence est tenu sur d’autres menus détails, en particulier ce qui s’est passé entre Roman et son ex directeur de recherches, Dan McKenzie, qui était par ailleurs le réviseur scientifique du papier de Molnar. En revanche cette lacune est compensée par de longs passages sur la vie sereine des mangeurs de lotus à Cambridge, dont la perspective est ouverte à tous, bien sûr à condition qu’ils disposent d’énergie, d’intelligence et de charme: Roman aurait surmonté toutes ses difficultés, justement parcequ’il était muni de toutes ces qualités.
Quant à Cambridge,  on pourrait toutefois bien se poser une question: est-ce l’endroit privilégié mais accessible, le sommet d’une pyramide sociale et économique, subventionné par des exemptions d’impôts des dations, en n’oubliant pas, finalement, l’exploitation des pays et populations du tiers monde, (et dans une certaine mesure, même aujourd’hui) de la classe ouvrière britannique? Roman avait la claire conscience que son pays natal n’était qu’une folle dictature. Il l’a quittée pour ce qui était à l’époque, sans aucun doute, un meilleur endroit. On peut bien se poser la question ce que deviennent ces réfugiés sans nom, asphixiés dans des containers dans leur lutte despérée pour entrer en Angleterre, ou bien encore de la lutte des réfugiés incarcérés dans des camps de concentration, dans le désert d’Australie? L’Occident en reçoit quelques uns, mais pas tous. Continental Drift garde le silence à ce sujet, mais nous fournit en échange  la façon de gagner des soutiens, en utilisant les contacts, l’énergie et la persévérance.

*/ Le titre Anglais “Continental Drift” a été choisi pour son jeu de mots comprenant trois sous-entendus: 1) dérive continentale 2) échos européens 3) européen en dérive

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